Ce préjugé là tient encore bon.... Grise, grise est la mer du Nord. Malgré
le beau temps, le ciel se couvre d'un brouillard d'altitude. Nous sommes vent arrière et avons 320 miles devant nous avant Dover. Une bonne brise de 5 à 6 beaufort nous donne un peu de pur
bonheur par grand largue mais ne dure que l'espace d'une nuit. Le lendemain, un grand calme et un voile cotonneux nous fige sur place. Le brouillard si redouté nous enveloppe. Nous continuons au
moteur. Lui, il est heureux de ronronner après les soins professionnel du mécano de Falsterbo qui nous a conseillé de le faire tourner tout son saoul.
Aprés de troisième jour en mer, la routine s'établie et Magnus est heureux
de constater qu'il ressent moins le manque de sommeil et qu'il s'adapte aux rythmes des quarts. Il entrevoit mieux la perspective des longs passages. Il est un fait reconnu que les
premières 48 heures sont les plus pénibles.
Afin d'éviter une arrivée de nuit en plein brouillard à Dover où nous
décidons de faire un arrêt approvisionnement en diesel. nous stoppons à une trentaine de miles en dehors de la zone de traffic. Le son lugubre des cornes de brumes nous accompagne toute la nuit
et cela est angoissant. Le radar devient notre seul sécurité dans cette endroit de passage le plus chargé du monde.
Par Manannan
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Une petite traversée nord sud de la Baltique pour commencer une mise en bouche... 28 heures au moteur à part quelques heures de
voile car le vent, lui n'est pas de la fête. Nous voici à l'entrée du Canal de kiel. C'est un véritable capharnaum : cargos, voiliers, vieux gréements, hélicoptère, gardes côtes tout cela
joyeusement ziguezaguant dans tous les sens ! La saison touristique bat son plein sur la côte germanique.
Nous arrivons bientôt en vue des écluses, où sont amarrées à un quai proche une douzaine de vieux gréements de 20 à 30 métres
battant tous pavillons hollandais aux fonctions notoires de charter.
La procédure de l'écluse nous échappe quelque peu et Magnus se resoud à appeller en VHF. Une réponse polie et efficace arrive
bientôt : l'écluse ne tarde pas à s'ouvrir. Il y en a deux, une moderne à fonction commerciale et l'ancienne pour la plaisance. C'est une première pour nous, et peut-être aussi pour Röde Orm. Les
portes s'ouvrent tel un sésame du côté canal et mes prégugés s'envolent. J'imaginais les bords du canal bordés de lourdes industries et d'infrasctructures commerciales toutes germaniques. Et bien
non ! Pas trop de tous cela, pas non plus trop de cargos. C'est champêtre avec de belles villas cachées dans les bois, et sur ses 90 kms, suffisament large pour que deux cargos se croisent sans
déranger les petits bateaux qui sagement et prudement font route plus près des berges.
Nous faisons escale avant la nuit car il est interdit de continuer. Nous mouillons dans un petit lac adjacent. Nous ne sommes pas
trop pressés le lendemain car nous voulons sortir de l'Elbe avec la marée descendante. Aussi faisons nous arrêt à Rensburg petit village sur un embranchement pas plus d'une heure, juste pour
satisfaire le goût de Magnus pour les bonnes bières allemandes au super marché. Nous arrivons á Brunsbüttel, à la sortie du canal au soir et les portes s'ouvrent devant nous alors que nous sommes
les seuls à franchir l'écluse. Les grandes portes s'ouvrent sur un inconnu un peu angoissant. Un ciel bas et gris de mer du nord à la Jacques Brel nous accueil. L'Elbe est large en son estuaire
et très fréquentée par les cargos passant le canal ou se rendant à hamburg. La marée encore descendante nous propulse á 9-10 noeuds. Les 20 miles de l'estuaire sont rapidement franchis avec
Magnus à la barre se regalant de voir son bateau filer à plus de 9 noeuds ! C'est pour lui une toute première car il n'a navigué jusqu'alors qu'en Baltique et ne connait pas les phénomènes de
marée.
Par Manannan
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Voici 3 semaines que nous
dominons le parking, aussi incongru qu'un éléphant dans un aquarium... Les camping cars des vacanciers allemands Danois et Suédois se garent à proximté du nôtre (qui nous sert de débarras). Ils
passent la nuit avant de repartir, souvent, très souvent nous ignorant délibérement comme si nous étions des pestiférés.. ces "yachts" routiers n'ont rien de commun avec Röde orm, ils n'ont
décidément rien qui inspire un qoique ce soit d'aventure. Il n'y a pas de badauds ici, pas de conversations impromptues autour du bateau, pas de curieux. Il est extrêmement rare que quelqu'un
s'arrête et se pique de curiosité. Le week end, le parking se rempli de visiteurs et de plaisanciers qui ont leur bateau au club. Les voitures roulent au pied du bateau, les gens se promènent au
raz de la remorque qui le supporte, sans qu'ils lèvent les yeux, sans adresser un sourire. C'est un comportement contraire aux règles Gauloises..
Chez nous, il y aurait un petit attroupement qui rendrait difficile la contentration au travail, des avis donnés sans être sollicités,
de l'aide proposée aussi, des pots offerts pour trinquer au moral de l'équipage et des encouragements. Cette ambiance bon enfant me manque un peu. Ici il faut forcer les portes.. Le Suédois se
retranche derrière une bienséante neutralité qui ne l'expose pas. Il y a heureusement des exception qui font endurer cet inconvénient majeur de la mentalité suédoise. Nos amis Jonaz et Anne
sophie sont d'une aide remarquable et d'un optimisme à toute épreuve.
Il faut ajouter que Höllviken, le village
adjacent sent un peu trop le "m'as tu vu" des nouveaux riches qui ont leur villas au bord de la Baltique. C'est un endroit chic et cher... Nous avons sûrement des airs de va nu pieds avec notre
vieux bateau démodé...
Désolé pour les abonnés à mon blog, j'ai eu des petits problèmes pour publier cet article...
Par Manannan
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Hors de l'eau telle une baleine échouée,
Röde Orm est prêt pour son traitement intensif de chirurgie esthétique...
Et le travail commence, intensif également, ponçage sous toutes les coutures, dessus, dessous....
Cela se voit non ?
cela représente des heures de ponçage à la main pour avoir une surface lisse et douce au touché. La coque est en trés bon état, donc peu de colmatage.
Magnus préfère la grosse artillerie
et s'attaque à la quille.
Non ce n'e st
pas moi pendant ce temps là... c'est moi aprés une longue journée de 10 à 11 heures, après un sauna bien mérité et un diner que j'ai à peine la force
de confectionner. Après 4 jours intenses, profitant du temps parfait, nous ressentons la fatigue. Mais il faut tenir le coup, car ce n'est que le debut bien que le plus pénible physiquement est
fait. Heureusement nous avons d'excellents amis qui pour nous remonter le moral, nous offre leur soutien et même vont jusqu'à ouvrir une bouteille de champagne alors que nous venions les
rejoindre dans leur cockpit pour une bière après le boulot. Merci donc Anne-Sophie et Jonaz de Lady Annila.
Par Manannan
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