Je retourne à Loctudy après 39 ans, pas trop de changement si ce n'est le nombre de bateaux et la nouvelle marina. Nous sommes en pleine saison, tout est plus cher, plus peuplé....
la Vieille
Songes Nomades,
la Vieille
petit souvenir de la Pointe St Mathieu..
Pour atteindre le phare du Four au changement de marée, il nous faut quitter l'Aber en fin de marée montante, á 9 h. Grand ciel bleu, soleil, l'air est frais, mais qu'importe, nous avons les conditions favorables pour passer cet endroit de triste réputation. C'est agréablement facile et paisible aujourd'hui, merci Neptune... Nous voyons Ouessant, Molène et soudain, à la pointe St Matthieu, un mazaret nous rappelle à l'ordre. La mer boue, des vagues se dressent, courtes et furieuses pendant 10 minutes, nous invitant à imaginer le passage contre vent et marée, ou par simple grand frais...
Nous faisons escale à Camaret á l'ancre devant la plage du fort. Nous ne sommes pas loin de la pointe de Penn Hir et du tas de Poix, cette langue de dragon comme je l'appelle. Le Raz de Sein et la Pointe de Penmarc'h plus loin ne sont qu'á 18 miles et celui lá Gast !! il faut le passer á l'etal, sinon....
Pluie et vent fort toute la matinée, et le courant et le vent nous découragent pour tenter d'aller à terre. Nous attendons après diner alors que le temps se calme pour faire une longue promenade le long de l'Aber. De petites chemins nous entrainent sur les hauteurs, parmis les champs bordants les bords de la petite rivière. C'est la Bretagne à son meilleur : eau et terre unies, marin et paysans, calmes et tempêtes. C'est simplement magnifique comme le coucher de soleil sur l'entrée dramatique irisées de rochers de l'Aber Wrac'h.
Demain, le redouté passage du Four nous attend. Et même si les vents seront encore contraires, ils seront calmes. Il ne s'agit pas de louper la marée !!
Primel Tregastel.
Le vent est favorable, du moins suffisament pour avec la marée nous pousser vers la bonne direction à une vitesse honorable. Nous arrivons après cinq heures de plaisante navigation sous un ciel presque clément. Ne soyons pas trop exigeants.... Nous entrons dans la trés petite baie de Primel Tregastel où nous prenons une bouée. Le coin est superbe, caché entre les rochers pointus de l'entrée. Petit port de pêche uniquement, il n'y a qu'un quai et quelques bouées. Nous sommes en périodes de marées de lune et le paysage change magiquement à mesure que la marée monte de 8 mètres !
Demain, la marée descendante nous propulsera à plus de 7 noeuds....
Nous décidons de passer entre Roscoff et l'île de Batz par un étroit chenal. Reed, le cousin anglais de l'Almanach du marin Breton, nous couvre de recommendations laissant croire que cette route est des plus périlleuses. Cela se révèle simple car le chenal est bien balisé. C'est un plaisir de filer à plus de 7 noeuds avec la marée en notre faveur si prêts de cette très belle île. A la voile pour peu de temps hélas, nous devons continuer au moteur pour rallier l'Aber Wrach avant le changement de marée. Nous votons pour le Chenal de La Malouine (un des trois chenals d'entrée), plus directe mais plus risqué, selon Reed !!
Aucun problème par beau temps et en gardant les yeux sur les bouées. L'Aber est un endroit splendide niché dans de vertes collines, bordé par les fermes à huîtres qui se dévoilent à marée basse. Nous prenons une bouée de corps mort en face de la nouvelle marina. et ne tardons pas à aller à terre malgré le courant. Nous marchons jusqu'au village de Landéna en haut de la colline. Toute la côte vit au rythme des marées qui changent le paysage toutes les 6 heures. Nous rentrons chargés de pains et de fromages. Les berges ont disparues, l'eau a monté de plus de 7 mètres. Des vents forts sont annoncés pour demain. Nous resterons au port !
Perros Guirrec.
Le train de basses pressions ne semble pas s'interrompre. Entre deux, une fenêtre s'ouvre mais les vents sont toujours contraires. Nous quittons Guernessey pour Perros Guirrec, 50 miles au sud west. Un vent variable et faible nous oblige à faire route au moteur pour rejoindre le port avant la nuit. Le temps qui m'accueille en Bretagne est typique : bruine, ciel bas et mouvant de lours nuages gris. Les roches irisées de la côte nous rappellent que la navigation ici doit être précise. Nous prenons une bouée de corps mort au mouillage protégé de Perros Guirrec derrière l'île Tomé et en face de la Pointe du Château verdoyante. Je dors en Bretagne ce soir.... comme dit la chanson de Servat.. dans la bruine et le vent.
Sans moteur hors bord, ramer vers la plage peut être risqué, aussi faut-il
compter avec la marée et le vent. Nous y parvenons sans trop de mal. Perros est un village très agréable et typiquement breton avec ses maisons de granit hornées de gros buissons
d'hortensia...
le fort Cornet
Une basse pression nous a volé notre bel anticyclone et nous attendons une embellie à l'île de Wight. Ancrés loin de la berge, marées obligent, il est impossible d'aller à terre avec l'annexe à la rame contre marée. Un vent d'ouest à nord ouest ne nous incite pas à poursuivre sur la côte sud anglaise et nous décidons de filer sur la France, plein sud vers le Cotentin. Un vent fraîchissant force 5 bon plein, nous donne une belle traversée dans une Manche quasi déserte..Oú sont tous les cargos ?. De forts courants de marée (et c'est une grande marée de pleine lune..) nous stoppent net en essayant de gagner Cherbourg à la nuit tombante. Pendant de nombreuses heures, au moteur, nous ne gagnerons qu'un à deux noeuds. A la renverse, nous gagnons un bon 3 noeuds et plutôt que de tenter une entrée de nuit sur Cherbourg, nous décidons de continuer plus à l'ouest. Le vent est contre et faiblit, nous filons au moteur dans une mer rendue inconfortable par vent contre marée. Fatigués, nous arrivons le matin en vue de Guernessey qui parait bien accueillante. La marée est avec nous cette fois et nous allons ancrer prés de St Peter. Nous venons d'avoir une bonne leçon : ne jamais sous estimer la force des marées dans cette zone. Elles peuvent être des alliés ou ennemie redoutables. Il ne faut pas oublier qu'avec Terre Neuve au Canada, nous sommes dans l'endroit où les amplitudes de marées sont les plus importantes du monde entier.
L'Aber Wrach, au nord de la Bretagne, est notre but avant le Chenal du Four entre Ouessant et la Bretagne. Nous sommes entre les mains et le bon vouloir d'Eole.
Nous faisons escale dans un ancrage de l'île de Wight, en face Portsmouth. Nuit de sommeil bien
mérité. L'ami de Magnus vient nous rejoindre à Portsmouth où nous allons nous amarrer dans la marina de Haslar.
Une escapade de 4 jours dans la campagne anglaise nous a révélés que l'Angleterre a un charmant arrière pays, tranquille et traditionaliste. Sa campagne domestiquée a un charme victorien un peu suranné avec ses maisons cossues en pierres ou briques et ses douces collines vertes et rondes, à jamais rasées de leurs forêts primitives. Nous sommes à Whalybridge à environ 400 kms au nord de Portsmouth, et une vingtaine au sud est de Manchester. Une visite nocturne à pied au pub de campagne pimente notre dernière soirée avec nos amis qui font leur possible pour nous donner un vrai goût d'Angleterre.
Le raccourci à travers sous bois nous mène au Shady Oak, petit pub local. Aprés une tournée d'excellente Ale et whisky, nous voilà repartis à 1 heure du matin empruntant un raccourci du déjá raccourci parcours, à tâtons sans lampes. Aveugles nous suivons notre guide savourant simplement le plaisir de regarder les étoiles au travers des branchages et de respirer la douce odeur de l'herbe humide. Si la cuisine locale garde sa triste réputation, les bières anglaises, elles réhaussent le standard....
Nous retournons à Portsmouth via Stonehenge, ce lieu magique cousin de Carnac. Comme celles de Bretagne, les pierres ne peuvent être approchées de prés, et c'est fort dommage tant j'aimerai les toucher. Cependant, elles émanent la même puissance, le même mystère d'un temps révolu, un temps de commencement de monde.
La mer du nord a secoué ses humeurs vapeureuses et a presque un air tropical ce matin sans les alizés cependant ! Temps splendide, grande sérénité sur les eaux presque bleues.
Une légère brise de NE nous maintient sur la bonne route et crême solaire et châpeau s'imposent. Profitant de cette aubaine de beau temps nous continuons ouest le long de la côte tentant
d'atteindre le meilleur point pour traverser sur la Bretagne après la rencontre avec l'ami de Magnus, jeune docteur de l'année qui nous a constitué un nécessaire médical
élaboré.
Purée de poix et traffic digne d'un aéroport. Nous arrrivons à tatons sans
voir quoique ce soit. Le radar est notre seul salut, notre canne blanche, aveugles que nous sommes. Jamais sans lui aurions nous oser tenter l'approche, cela aurait été du suicide. Comme les
aéroports il faut signaler son désir d'entrer au port et attendre l'autorisation entre deux allées et venues de ferry, toutes les 10 minutes. Poursuivi par un démon beuglant sa sirène, nous
bifurquons vers la côte alors que le brouillard se déchire une seconde pour nous donner des émotions. Les fameuses falaises blanches, soeurs de Calais sont à peine à cinq cent mètres de
notre étrave ! Et le démon hurlant dernière nous nous frôle presque... La capitainerie nous donne son feu vert après que l'énorme ferry français ait pénétré dans le port. Nous nous dirigeons
sans problème alors que le brouillard s´éclaircie. Nous ne restons pas plus de 45 minutes et ressortons à marée descendante comme de vieux habitués répétant la même procédure que pour l'entrée.
Mais le brouillard nous guette à peine à un mile au dehors. Une petite brise l'accompagnant est suffisante pour activer le booster vent arrière donnant du repos au moteur (bien que plus
cela tourne mieux c'est selon le docteur Yanmar) mais au moins cela soulage le porte monnaie, C'est plus long à la voile surtout par petit vent mais moins couteux.
Il est le fils de Llyr, dieu celte des mers. C'est un redoutable guerrier magicien. Il porte un casque flamboyant et une armure invulnérable, un manteau qui le rend invisible. Son cheval est aussi rapide que le vent, son bateau arrive toujours à bon port. Par magie il parcourt l'Océan sans retour, sur un char attelé de chevaux blancs. Les défunts le rencontre parfois.
Je suis citoyenne de la plus belle nation sur terre. Une nation dont les lois sont dures mais simples, une nation qui ne trompe jamais, qui est immense et sans frontière,
ou la vie est vécue dans le présent. Dans cette nation sans limite, cette nation de vent, de lumière et paix, il n'y a aucun autre dictateur que la mer. (paraphrasant Bernard Moitessier)
Magnus, owner/skipper of Rödeorm et mon compagnon d'aventureslink
Un livre : L'Amérique au bout des sabots a été écrit à la suite de ma toute première aventure. Epuisé en librairie, je peux en fournir quelques copies.
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Röde Orm, "Serpent Rouge", nommé d'après le héros Viking d'un roman de la littérature
suédoise. Laurin 32, construit en 1962, est un bateau classique suédois, apte à affronter des conditions difficiles, robuste et fiable.
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