Vendredi 3 juillet 2009

Nous faisons escale dans un ancrage de l'île de Wight, en face Portsmouth. Nuit de sommeil bien mérité. L'ami de Magnus vient nous rejoindre à Portsmouth où nous allons nous amarrer dans la marina de Haslar.

Une escapade de 4 jours dans la campagne anglaise nous a révélés que l'Angleterre a un charmant arrière pays, tranquille et traditionaliste. Sa campagne domestiquée a un charme victorien un peu suranné avec ses maisons cossues en pierres ou briques et ses douces collines vertes et rondes, à jamais rasées de leurs forêts primitives. Nous sommes à Whalybridge à environ 400 kms au nord de Portsmouth, et une vingtaine au sud est de Manchester. Une visite nocturne à pied au pub de campagne pimente notre dernière soirée avec nos amis qui font leur possible pour nous donner un vrai goût d'Angleterre.

 Le raccourci à travers sous bois nous mène au Shady Oak, petit pub local. Aprés une tournée d'excellente Ale et whisky, nous voilà repartis à 1 heure du matin empruntant un raccourci du déjá raccourci parcours, à tâtons sans lampes. Aveugles nous suivons notre guide savourant simplement le plaisir de regarder les étoiles au travers des branchages et de respirer la douce odeur de l'herbe humide. Si la cuisine locale garde sa triste réputation, les bières anglaises, elles réhaussent le standard....

Nous retournons à Portsmouth via Stonehenge, ce lieu magique cousin de Carnac. Comme celles de Bretagne, les pierres ne peuvent être approchées de prés, et c'est fort dommage tant j'aimerai les toucher. Cependant, elles émanent la même puissance, le même mystère d'un temps révolu, un temps de commencement de monde. 

(dans liens, à droite, cliquer sur photos Rödeorm voyage,)
Par Manannan
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Mardi 30 juin 2009

La mer du nord a secoué ses humeurs vapeureuses et a presque un air tropical ce matin sans les alizés cependant ! Temps splendide, grande sérénité sur les eaux presque bleues. Une légère brise de NE nous maintient sur la bonne route et crême solaire et châpeau s'imposent. Profitant de cette aubaine de beau temps nous continuons ouest le long de la côte tentant d'atteindre le meilleur point pour traverser sur la Bretagne après la rencontre avec l'ami de Magnus, jeune docteur de l'année qui nous a constitué un nécessaire médical élaboré.


Par Manannan
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Samedi 27 juin 2009

Purée de poix et traffic digne d'un aéroport. Nous arrrivons à tatons sans voir quoique ce soit. Le radar est notre seul salut, notre canne blanche, aveugles que nous sommes. Jamais sans lui aurions nous oser tenter l'approche, cela aurait été du suicide. Comme les aéroports il faut signaler son désir d'entrer au port et attendre l'autorisation entre deux allées et venues de ferry, toutes les 10 minutes. Poursuivi par un démon beuglant sa sirène, nous bifurquons vers la côte alors que le brouillard se déchire une seconde pour nous donner des  émotions. Les fameuses falaises blanches, soeurs de Calais sont à peine à cinq cent mètres de notre étrave ! Et le démon hurlant dernière nous nous frôle presque... La capitainerie nous donne son feu vert après que l'énorme ferry français ait pénétré dans le port. Nous nous dirigeons sans problème alors que le brouillard s´éclaircie. Nous ne restons pas plus de 45 minutes et ressortons à marée descendante comme de vieux habitués répétant la même procédure que pour l'entrée. Mais le brouillard nous guette à peine à un  mile au dehors. Une petite brise l'accompagnant est suffisante pour activer le booster vent arrière donnant du repos au moteur (bien que plus cela tourne mieux c'est selon le docteur Yanmar) mais au moins cela soulage le porte monnaie, C'est plus long à la voile surtout par petit vent mais moins couteux.


Par Manannan
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Jeudi 25 juin 2009

Ce préjugé là tient encore bon.... Grise, grise est la mer du Nord. Malgré le beau temps, le ciel se couvre d'un brouillard d'altitude. Nous sommes vent arrière et avons 320 miles devant nous avant Dover. Une bonne brise de  5 à 6 beaufort nous donne un peu de pur bonheur par grand largue mais ne dure que l'espace d'une nuit. Le lendemain, un grand calme et un voile cotonneux nous fige sur place. Le brouillard si redouté nous enveloppe. Nous continuons au moteur. Lui, il est heureux de ronronner après les soins professionnel du mécano de Falsterbo qui nous a conseillé de le faire tourner tout son saoul.

Aprés de troisième jour en mer, la routine s'établie et Magnus est heureux de constater qu'il ressent moins le manque de sommeil et qu'il s'adapte  aux rythmes des quarts. Il entrevoit mieux la perspective des longs passages. Il est un fait reconnu que les premières 48 heures sont les plus pénibles.

Afin d'éviter une arrivée de nuit en plein brouillard à Dover où nous décidons de faire un arrêt approvisionnement en diesel. nous stoppons à une trentaine de miles en dehors de la zone de traffic. Le son lugubre des cornes de brumes nous accompagne toute la nuit et cela est angoissant. Le radar devient notre seul sécurité dans cette endroit de passage le plus chargé du monde. 



Par Manannan
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Mardi 23 juin 2009

Une petite traversée nord sud de la Baltique pour commencer une mise en bouche... 28 heures au moteur à part quelques heures de voile car le vent, lui n'est pas de la fête. Nous voici à l'entrée du Canal de kiel. C'est un véritable capharnaum : cargos, voiliers, vieux gréements, hélicoptère, gardes côtes tout cela joyeusement ziguezaguant dans tous les sens ! La saison touristique bat son plein sur la côte germanique.

Nous arrivons bientôt en vue des écluses, où sont amarrées à un quai proche une douzaine de vieux gréements de 20 à 30 métres battant tous pavillons hollandais aux fonctions notoires de charter.

La procédure de l'écluse nous échappe quelque peu et Magnus se resoud à appeller en VHF. Une réponse polie et efficace arrive bientôt : l'écluse ne tarde pas à s'ouvrir. Il y en a deux, une moderne à fonction commerciale et l'ancienne pour la plaisance. C'est une première pour nous, et peut-être aussi pour Röde Orm. Les portes s'ouvrent tel un sésame du côté canal et mes prégugés s'envolent. J'imaginais les bords du canal bordés de lourdes industries et d'infrasctructures commerciales toutes germaniques. Et bien non ! Pas trop de tous cela, pas non plus trop de cargos. C'est champêtre avec de belles villas cachées dans les bois, et sur ses 90 kms, suffisament large pour que deux cargos se croisent sans déranger les petits bateaux qui sagement et prudement font route plus près des berges. 

Nous faisons escale avant la nuit car il est interdit de continuer. Nous mouillons dans un petit lac adjacent. Nous ne sommes pas trop pressés le lendemain car nous voulons sortir de l'Elbe avec la marée descendante. Aussi faisons nous arrêt à Rensburg petit village sur un embranchement pas plus d'une heure, juste pour satisfaire le goût de Magnus pour les bonnes bières allemandes au super marché. Nous arrivons á Brunsbüttel, à la sortie du canal au soir et les portes s'ouvrent devant nous alors que nous sommes les seuls à franchir l'écluse. Les grandes portes s'ouvrent sur un inconnu un peu angoissant. Un ciel bas et gris de mer du nord à la Jacques Brel nous accueil. L'Elbe est large en son estuaire et très fréquentée par les cargos passant le canal ou se rendant à hamburg. La marée encore descendante nous propulse á 9-10 noeuds. Les 20 miles de l'estuaire sont rapidement franchis avec Magnus à la barre se regalant de voir son bateau filer à plus de 9 noeuds ! C'est pour lui une toute première car il n'a navigué jusqu'alors qu'en Baltique et ne connait pas les phénomènes de marée.


Par Manannan
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Dimanche 21 juin 2009


Et oui, le temps est arrivé enfin. Nous quitterons les côtes suédoises mardi en route pour le canal de Kiel, puis la Manche., Pour moi, un nouveau pays a quitter, pour Magnus, c'est rompre les liens de sa vie passée pour entrer dans une nouvelle phase : la vie nomadique des vagabonds des mers. J'ai tendance à oublier que ce n'est pas un pas facile à franchir. Ce qui est simple à 20 vingt ans (quand moi j'ai fait le grand saut)  ne l'ai pas autant à cinquante...
Nous avons abandonné l'Ecosse, car le temps presse et le mois de juin désastreux ne nous a pas incité à montrer notre nez en mer du nord. Nous voulons profiter de cette haute pression, ce sera peut-être la seule de cet été au train où va le temps
 
Si tout va bien, après le canal de Kiel, droit sur l'Angleterre pour rencontrer un ami de Magnus, sinon nous emprunterons les canaux intérieurs de la Hollande, qui permettent de conserver le mât. Ensuite, un saut en Bretagne, puis le Golfe de Gascogne, bref la route classique. L'important pour moi, je l'avoue est de fuir l'Europe du Nord... Je veux retrouver les chaudes et douces brises des régions sub tropicales et tropicale.  
Par Manannan
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Lundi 8 juin 2009
 notre vue du seuil de notre chez-nous...
                              
                     


              
  Le pont qui relie le Danmark et la suède                                                          
                               
côté jardin....
Par Manannan
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Mercredi 3 juin 2009



A flot depuis une semaine, et pendant 3 jours, le vent a soufflé à 30 noeuds rendant tout projet de peindre la couche anti dérapante sur le pont impossible. Nous étions très incomfortablement amarrés au ponton flottant, attendant que le vent réduise pour pouvoir regagner la place attribuée. La longue quille de Röde Orm ne facilite pas les manoeuvres sérrées. Le bateau tanguait si fort que nous étions légérement nauséeux après un mois à terre... Nous avons quitté le bateau quelques jours pour retrouver la petite maison à Gamleby où les parents de Magnus viennent nous rejoindre pour le week-end. Après ce travail intensif pendant un mois, nous aprécions le confort de la vie à terre. Nous nous rendons compte à quel point nous étions fatigués... Le temps splendide et le petit jardin bruissant de vie et de couleurs nous relaxent. Nous ne savons pas exactement quand nous seront libres de partir, Il y a encore quelques ”amarres” á couper et un changement de plans de dernière heure pourrait nous retenir une ou deux semaines de plus... Mais nous restons sereins, et selon les evenements nous nous adapterons.                                            .
Par Manannan
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Vendredi 22 mai 2009
 Voici 3 semaines que nous dominons le parking, aussi incongru qu'un éléphant dans un aquarium... Les camping cars des vacanciers allemands Danois et Suédois se garent à proximté du nôtre (qui nous sert de débarras). Ils passent la nuit avant de repartir, souvent, très souvent nous ignorant délibérement comme si nous étions des pestiférés.. ces "yachts" routiers n'ont rien de commun avec Röde orm, ils n'ont décidément rien qui inspire un qoique ce soit d'aventure. Il n'y a pas de badauds ici, pas de conversations impromptues autour du bateau, pas de curieux. Il est extrêmement rare que quelqu'un s'arrête et se pique de curiosité. Le week end, le parking se rempli de visiteurs et de plaisanciers qui ont leur bateau au club. Les voitures roulent au pied du bateau, les gens se promènent au raz de la remorque qui le supporte, sans qu'ils lèvent les yeux, sans adresser un sourire. C'est un comportement contraire aux règles Gauloises.. Chez nous, il y aurait un petit attroupement qui rendrait difficile la contentration au travail, des avis donnés sans être sollicités, de l'aide proposée aussi, des pots offerts pour trinquer au moral de l'équipage et des encouragements. Cette ambiance bon enfant me manque un peu. Ici il faut forcer les portes.. Le Suédois se retranche derrière une bienséante neutralité qui ne l'expose pas. Il y a heureusement des exception qui font endurer cet inconvénient majeur de la mentalité suédoise. Nos amis Jonaz et Anne sophie sont d'une aide remarquable et d'un optimisme à toute épreuve. 
Il faut ajouter que Höllviken, le village adjacent sent un peu trop le "m'as tu vu" des nouveaux riches qui ont leur villas au bord de la Baltique. C'est un endroit chic et cher... Nous avons sûrement des airs de va nu pieds avec notre vieux bateau démodé...

 Désolé pour les abonnés à mon blog, j'ai eu des petits problèmes pour publier cet article...
Par Manannan
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Mardi 19 mai 2009
Enfin la peinture est terminée... La prochaine fois, dans longtemps nous espérons, ce sera fait au pistolet. Le pont est aussi terminé, il ne reste plus que la peinture anti-dérapante. Sur du plat, on devrait y arriver sans trop de problèmes..
  Non ce n'est pas un camping, mais presque... Le petit parc à bateaux du club, l'été devient un parking... Nous sommes le dernier bateau. Nous attendons une nouvelle hélice puisque l'ancienne a été bien abimée. Le moteur doit être réaligné et comme beaucoup de choses n'ont pas été sérieusement traitées en Estonie, une révision générale s'impose. Un bon mécanicien est sur place. Jonaz et Anne-Sophie du Amel Lady Annila nous remontent le moral régulièrement en nous invitant à diner à leur bord. De vrais amis
Par Manannan
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Profil

  • : Manannan
  • naoned
  • : Europe Nord le monde suède
  • : voyages écriture histoire aventure bateaux
  • : voyageuse et navigatrice depuis 27 ans. Pour chez moi un bateau, pour jardin l'Océan. Ma passion est de parcourir le monde.Et maintenant, j'ai le plaisir de partager cette passion avec mon compagnon. (voir lien Rödeorm)

Manannan

Il est le fils de Llyr, dieu celte des mers. C'est un redoutable guerrier magicien. Il porte un casque flamboyant et une armure invulnérable, un manteau qui le rend invisible. Son cheval est aussi rapide que le vent, son bateau arrive toujours à bon port. Par magie il parcourt l'Océan sans retour, sur un char attelé de chevaux blancs. Les défunts le rencontre parfois.

Korrigan

Je vous présente un Korrigan, cousin du Troll je suppose.
Taquin, espiègle, ne vous y fiez pas, traitez le bien, il vous
le rendra, sinon, évitez de vous promener près d'un dolmen
surtout le 31 octobre, c'est là qu'il attend ses victimes !!

nomades

la-voyageuse.jpgJe suis citoyenne de la plus belle nation sur terre. Une nation dont les lois sont dures mais simples, une nation qui ne trompe jamais, qui est immense et sans frontière, ou la vie est vécue dans le présent. Dans cette nation sans limite, cette nation de vent, de lumière et paix, il  n'y a aucun autre dictateur  que la mer. (paraphrasant Bernard Moitessier)

Magnus, owner/skipper of Rödeorm et mon compagnon d'aventureslink






Un livre : L'Amérique au bout des sabots a été écrit à la suite de ma toute première aventure. Epuisé en librairie, je peux en fournir quelques copies. Contactez-moi
 

Röde Orm

 Röde Orm, "Serpent Rouge", nommé d'après le héros Viking d'un roman de la littérature suédoise. Laurin 32, construit en 1962, est un bateau classique suédois, apte à affronter des conditions difficiles, robuste et fiable.

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