Lisbonne nous a retenu dans ses filets et nous avons paresseusement profité du mouillage agréable de
Cascais qui hors saison est paisible hormis l'armada des plaisanciers du week-end. Un coup de vent de sud ouest nous a convaincu de prolonger notre escale et de profiter ainsi d'une autre visite
á Lisbonne et son superbe musée maritime.
Attendre que le vent vire nord et forcisse aurait poussé trop loin la complaisance. Les vents sont prévus
tendance sud très faibles mais il faut lever l'ancre pour poursuivre notre route septentrionale. C'est par un brouillard dense sur le Taje que nous quittons Caiscais vers Sesimbra à 20 miles. Le
brouillard se lève aprés deux heures mais le vent est nul comme l'a prévu la météo que nous suivons via internet. Nous retrouvons Zephyr parti une heure avant nous au petit mouillage devant le
très actif port de pêche de Sesimbra. Les allées et venues des petites unités de pêche aux couleurs vives et gaies se poursuiveront tard dans la nuit. Les falaises abruptes souvent arides offrent
peu d'abris le long de cette côte. Sines est le prochain port que nous visons.
Nous l'atteignons aprés quelques heures de voile enfin ! mais devons terminer au moteur. Une
impressionnante longue houle de nord ouest soulève des montagnes d'eau, et vient s'éclater à grand fracas le long de la côte.

galère royale musée maritime
Par Manannan
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Sintra à 15 kms de Cascais représente le pouvoir et l'extravagance de plusieurs siècles de pouvoir à commencer par les Maures qui
y installèrent leur forteresse au 8 ième siècle. Leur influence continuera bien au-delà leur retrait en 1147 et marquera tous les bâtiments de la ville. Ville de pouvoir, de richesse et
d'opulence. Les vieilles maisons restaurées agées de plusieurs siècles placent la ville comme centre de vilégiature pour riches et puissants quand le pouvoir se retira définitivement à Lisbonne.
Toute la zone autour de Sintra reflète cette richesse avec ses diverses contructions opulentes de palais, jardins, églises etc... Le palais royal est un remarquable rémoin de l'influence
mauresque avec ses arches délicates, ses faïences et fontaines de marbre. Utilisé du 15 ième au 16ième siècle comme palais royal, des parties furent rajoutées, modifiées aussi voit-on les
faïences de style arabe melées aux dorures et peintures de plafonds en dome et même le rajout de deux énormes cheminées assez remarquables pour les cuisines immenses entièrement carrellées de
blanc. Un régal pour les yeux et l'imagination ! Partout à Sintra, l'oeil est aguiché par un mur de faïence, un vieux toit, une ruelle escarpée et par la végétation luxuriante. A notre habitude
nous empruntons les ruelles de l'arriére ville qui nous mènent à proximité de jardins et de villas opulentes cachées par de hauts vieux murs de pierre le tout dominé par la très impressionante
forteresse de Los Moros que nous avons atteint tôt le matin par un petit sentier ombragé
.
Par Manannan
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Naviguer pour moi, c'est aussi découvrir de nouveaux endroits, jouer aux explorateurs, même si il n'y a plus rien de nouveau à
découvrir. Lisbonne est une vieille connaissance pour moi qui ai passé 3 semaines en escale il y a 22 ans. Mais je le redécouvre comme un vieil ami alors que nous marchons depuis l'imposante
esplanade de Belem au très modeste quartier ouvrier des quais d'Alcantara (mon ancien port d'escale...) jusqu'au vieux Lisbonne et ses ruelles en escaliers et labyrinthes, pas moins de 10 kms !
Nous avons pris le petit train urbain depuis Cascais jusqu'à Belem, l'entrée "officielle" du port de Lisbonne avec la tour celèbre et le monument de la découverte.
Je ne suis pas un bon guide pour Magnus car je ne me souviens des endroits qu'une fois atteint, par hasard... Il fait chaud (25
degrés), et les rues et trottoirs pavés sont pénibles pour nos pieds marins, trop tendres ! Nous prenons plaisir à pénétrer dans les sombres échoppes, et à notre habitude finissons dans quelques
quincailleries d'un autre âge, pleines de trésors. Lisbonne est une des capitales des plus agréables que j'ai visitées. Son ambiance est celle d'un village. Nous ne percevons pas le stress et la
folie des grandes métropoles. C'est vieux jeu, démodé même, anarchique dans sa disposition. Le temps semble être arrêté dans la vieille ville qui domine le port et tous les toits de la cité. Il y
a t'-il une partie plus moderne ? Nous ne la voyons pas, ni en bas, ni plus haut...
Nous marchons depuis Belem et sa tour et son impressionnant monastère du XVI siècle transformé en musée. Le front de mer (ou de
fleuve) est immense avec ses trottoirs/boulevards pavés artistiquement, ses jardins et parcs avec les fontaines ouvragées et toujours la statue imposante de quelques explorateurs, en l'occurrence
Henri le Navigateur. Puis nous préférons emprunter les rues latérales qui nous éloigne du port commercial. Nous marchons ainsi jusqu'au centre traversant les quartiers résidentiels des
ambassades, descendant, montant buttes et collines avant d'arriver au coeur de Lisbonne, la grande esplanade piétonne pavée de motifs diverses bicolores. C'est le domaine des magasins de marque,
des cafés chics et restaurants en terrasse. Juste un pas sur la droite en montant quelques marches, et nous voici escaladant la colline, dominant les toits de tuiles rouges, longeant des murs
magnifiquement carrelés de faïences si typique au Portugal. Un dédale de ruelles, coupes gorges sympathiques, impasses étroites que domine le trés vieux chateau forteresse nous offre le vieux Lisbone à découvrir. C'est un
plaisir de se perdre dans ce vieux village qui est le coeur et l'âme de la capitale si sympathique et simple.
Par Manannan
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Les vents ont viré au nord et il est temps de poursuivre notre route plein sud. Nous quittons Lexoeis par petit temps, la houle
s'est calmée et Magnus prend plaisir à hisser le spinaker qui n'a jamais beaucoup servi. Nous le garderons pendant 10 heures. Alors que le vent forci durant la nuit, il est temps de le remettre
dans son sac. En fait, sous grand voile seule arisée une fois, nous filons 5 noeuds et demi. Le vent va fraichir jusqu'à 25 noeuds sous un ciel étoilé et une fin de lune. Aucun traffic, pas
de pêcheurs non plus, étonnant... Nous arrivons à 16 heures à Cascais aprés 30 heures. Cascais , petit "St Trop" de Lisbone est une ancienne station huppée transformée en station plus moderne.
C'est samedi et les bateaux locaux ancrés sont nombreux. Nous y retrouvons avec plaisir Zephyr, le joli sloop classique de 13 mètres battant pavillon de Jersey et ses deux jeunes propriétaires
sympathiques et enthousiastes. Nous avons atteint la latitude 38 et il fait définitivement plus chaud, 25 à 27 degrés. Même la mer s'accorde 1 ou 2 degrés de plus.... mais reste trop froide pour
moi..

Cascais au mouillage
Par Manannan
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Dimanche 27 septembre 2009
link album photos
Nous en avons presque terminé avec les
Rias. La Galice nous a offert de forts beaux mouillages dans les 10 rias visitées. Les deux avant dernières sont les plus grandes mais pour
différentes raisons les moins accueillantes. Arusa, uniquement vouée à l'élevage des moules et Pontevedra consacrée au tourisme avec ses belles plages. Nous avons préféré les petites rias abritant
souvent qu'un seul mouillage protégé derrière la digue d'un port de pêche. Nous avons bénéficié d'un temps exceptionnel et si le vent est trop faible le grand ciel bleu et les eaux calmes ont
largement compensé. Le seul point négatif est la froideur de l'eau, pas plus de 15 degrés... Ce n'est pas l'envie qui manque de plonger avec ce climat quasi tropical !! Vigo est la dernière ria
avant le Portugal aux côtes moins accueillantes. Nous avons mouillé une nuit á l'abri de la splendide île Ciés qui comme celle de Onz á Pontevedra protège la Ria de la houle d'ouest. Nous nous
dorons attendant le retour du vent dans de petites criques sur la côte nord de la Ria, en face de la ville de Vigo. 25 à 30 degrés, pas un nuage, profitons-en...
Par Manannan
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mouillé au pied de la petite ville de Caraminal
l''anticyclone géant est le bienvenue, mais il nous bloque tout le vent. Nous essayons de hisser les voiles tant que nous pouvons
dès qu'un souffle d'air ride la mer. La Ria de Arousa est la plus grande plus de 10 miles de long et l'industrie de la moule y est prépondérante, jusqu'à bloquer toutes les rives. Nous ancrons à
Carminal, un village protégé dans une petite anse. Un quai commercial accueille deux petits cargos et une petite marina locale borde le petit port de pêche. Le mouillage devant la plage est
desert, Carminal n'est pas touristique, mais très actif avec une industrie de conserve de moules. Le vieux village se cache derriére le front de mer, des petites places ombragées
accueillent des bars tous occupés aprés l'heure de la sieste. Nous sommes arrivés vers 20 heures, et une petite foire bat son plein, musiques, jeux, puis à minuit, un superbe feux d'artifice
juste devant nous... La fête a continuée jusqu'au premiéres heures de l'aube....
Par Manannan
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cape Finistere
Le temps est magnifique ce matin, soleil, mer calme, la houle est en
vacances, mais le vent également. Quelques pouffées d'air nous font espérer alors que nous quittons ce joli mouillage. Nous passons le Cap Finistere par grand beau temps et savourons cette
nouvelle borne du voyage. A présent, ce sera cap au sud. Nous pénétrons dans l'étroite Ria de Corcubìon juste derriére Finistere. Le petit port est uniquement destiné à la pêche sans aucune
facilités touristiques, comme la plupart des petites ria. Nous sommes les seuls ¨étrangers, le ketch rouge parmi les bateaux de pêche au mouillage. Une vieille dame nous aborde alors que nous
marchons dans le petit village. "d'où venez vous ?" demande t'elle. Suecia ? Madre de Dios, esta muy lejo, al Norte.... Si moi, je peux á la rigueur presque passer pour une Galicienne,
Magnus a bien du mal à cacher ses origines Viking.... J'imagine aussi qu'il n'y a guère de touristes s'aventurant à Corcubion... St Jacques de Compostelle n'est pas loin, et aimante les
touristes.
Par Manannan
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Vendredi 18 septembre 2009
cabo villano,
Brouillard, bien sûr ce matin, qui se lève sur la mer croit-on, alors qu'un peu de ciel bleu éclaircit l'horizon. Pas de vent , de
la houle toujours, et le brouillard qui revient aussitôt que nous sortons de la Ria. C'est une navigation au radar jusqu'à l'entrée de la Ria. Le rideau se déchire avant d'arriver en vue de la
jetée. Un magnifique plan d'eau calme nous attend devant la petite ville active. Calme parfait, soirée ensoleillée et nous en profitons pour sécher nos hardes détrempées. 4 autres bateaux sont au
mouillage, suffisamment grand pour en acceuillir une centaine d'autres... Nous sommes à quelques miles du Cap Finistérre. Nous avons passé le Cap Villano et sommes dans sur la Costa de Los
Muertos, tout un programme !!!
Par Manannan
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Corme
Ce matin alors que nous quittons le moullage, il faut avoir le coeur bien accroché. Vent quasi nul avec une forte houle de 3 à 5
mètres selon la météo locale. Le ciel est gris, et des averses sont promises. Nous avons passé la veille au soit sur le bateau voisin pour un anniversaire. Les 3 jeunes de Guernessey bien
sympathiques suivent le même parcours que nous. Pas d'excès pourtant, mais ce matin il faut chasser la nausée à grands coups de bananes et de sandwichs !! Les 32 miles sans vents sous la pluie ne
sont guère agréables, mais il nous faut progresser. Nous entrons dans la Ria de Corme sous un déluge qui continue toute la soirée. Nous sommes seuls ancrés à l'intérieur de la jetée dans ce petit
port de pêche sans aucun doute charmant.
Par Manannan
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