Nous faisons escale dans un ancrage de l'île de Wight, en face Portsmouth. Nuit de sommeil bien
mérité. L'ami de Magnus vient nous rejoindre à Portsmouth où nous allons nous amarrer dans la marina de Haslar.
Une escapade de 4 jours dans la campagne anglaise nous a révélés que l'Angleterre a un charmant
arrière pays, tranquille et traditionaliste. Sa campagne domestiquée a un charme victorien un peu suranné avec ses maisons cossues en pierres ou briques et ses douces collines vertes et rondes, à
jamais rasées de leurs forêts primitives. Nous sommes à Whalybridge à environ 400 kms au nord de Portsmouth, et une vingtaine au sud est de Manchester. Une visite nocturne à pied au pub de
campagne pimente notre dernière soirée avec nos amis qui font leur possible pour nous donner un vrai goût d'Angleterre.
Le raccourci à travers sous bois nous mène au Shady Oak, petit pub local. Aprés une tournée
d'excellente Ale et whisky, nous voilà repartis à 1 heure du matin empruntant un raccourci du déjá raccourci parcours, à tâtons sans lampes. Aveugles nous suivons notre guide savourant simplement
le plaisir de regarder les étoiles au travers des branchages et de respirer la douce odeur de l'herbe humide. Si la cuisine locale garde sa triste réputation, les bières anglaises, elles
réhaussent le standard....
Nous retournons à Portsmouth via Stonehenge, ce lieu magique cousin de Carnac. Comme celles de
Bretagne, les pierres ne peuvent être approchées de prés, et c'est fort dommage tant j'aimerai les toucher. Cependant, elles émanent la même puissance, le même mystère d'un temps révolu, un temps
de commencement de monde.
(dans liens, à droite, cliquer sur photos Rödeorm voyage,)
Par Manannan
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La mer du nord a secoué ses humeurs vapeureuses et a presque un air tropical ce matin sans les alizés cependant ! Temps splendide, grande sérénité sur les eaux presque bleues.
Une légère brise de NE nous maintient sur la bonne route et crême solaire et châpeau s'imposent. Profitant de cette aubaine de beau temps nous continuons ouest le long de la côte tentant
d'atteindre le meilleur point pour traverser sur la Bretagne après la rencontre avec l'ami de Magnus, jeune docteur de l'année qui nous a constitué un nécessaire médical
élaboré.
Par Manannan
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Purée de poix et traffic digne d'un aéroport. Nous arrrivons à tatons sans
voir quoique ce soit. Le radar est notre seul salut, notre canne blanche, aveugles que nous sommes. Jamais sans lui aurions nous oser tenter l'approche, cela aurait été du suicide. Comme les
aéroports il faut signaler son désir d'entrer au port et attendre l'autorisation entre deux allées et venues de ferry, toutes les 10 minutes. Poursuivi par un démon beuglant sa sirène, nous
bifurquons vers la côte alors que le brouillard se déchire une seconde pour nous donner des émotions. Les fameuses falaises blanches, soeurs de Calais sont à peine à cinq cent mètres de
notre étrave ! Et le démon hurlant dernière nous nous frôle presque... La capitainerie nous donne son feu vert après que l'énorme ferry français ait pénétré dans le port. Nous nous dirigeons
sans problème alors que le brouillard s´éclaircie. Nous ne restons pas plus de 45 minutes et ressortons à marée descendante comme de vieux habitués répétant la même procédure que pour l'entrée.
Mais le brouillard nous guette à peine à un mile au dehors. Une petite brise l'accompagnant est suffisante pour activer le booster vent arrière donnant du repos au moteur (bien que plus
cela tourne mieux c'est selon le docteur Yanmar) mais au moins cela soulage le porte monnaie, C'est plus long à la voile surtout par petit vent mais moins couteux.
Par Manannan
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Ce préjugé là tient encore bon.... Grise, grise est la mer du Nord. Malgré
le beau temps, le ciel se couvre d'un brouillard d'altitude. Nous sommes vent arrière et avons 320 miles devant nous avant Dover. Une bonne brise de 5 à 6 beaufort nous donne un peu de pur
bonheur par grand largue mais ne dure que l'espace d'une nuit. Le lendemain, un grand calme et un voile cotonneux nous fige sur place. Le brouillard si redouté nous enveloppe. Nous continuons au
moteur. Lui, il est heureux de ronronner après les soins professionnel du mécano de Falsterbo qui nous a conseillé de le faire tourner tout son saoul.
Aprés de troisième jour en mer, la routine s'établie et Magnus est heureux
de constater qu'il ressent moins le manque de sommeil et qu'il s'adapte aux rythmes des quarts. Il entrevoit mieux la perspective des longs passages. Il est un fait reconnu que les
premières 48 heures sont les plus pénibles.
Afin d'éviter une arrivée de nuit en plein brouillard à Dover où nous
décidons de faire un arrêt approvisionnement en diesel. nous stoppons à une trentaine de miles en dehors de la zone de traffic. Le son lugubre des cornes de brumes nous accompagne toute la nuit
et cela est angoissant. Le radar devient notre seul sécurité dans cette endroit de passage le plus chargé du monde.
Par Manannan
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Une petite traversée nord sud de la Baltique pour commencer une mise en bouche... 28 heures au moteur à part quelques heures de
voile car le vent, lui n'est pas de la fête. Nous voici à l'entrée du Canal de kiel. C'est un véritable capharnaum : cargos, voiliers, vieux gréements, hélicoptère, gardes côtes tout cela
joyeusement ziguezaguant dans tous les sens ! La saison touristique bat son plein sur la côte germanique.
Nous arrivons bientôt en vue des écluses, où sont amarrées à un quai proche une douzaine de vieux gréements de 20 à 30 métres
battant tous pavillons hollandais aux fonctions notoires de charter.
La procédure de l'écluse nous échappe quelque peu et Magnus se resoud à appeller en VHF. Une réponse polie et efficace arrive
bientôt : l'écluse ne tarde pas à s'ouvrir. Il y en a deux, une moderne à fonction commerciale et l'ancienne pour la plaisance. C'est une première pour nous, et peut-être aussi pour Röde Orm. Les
portes s'ouvrent tel un sésame du côté canal et mes prégugés s'envolent. J'imaginais les bords du canal bordés de lourdes industries et d'infrasctructures commerciales toutes germaniques. Et bien
non ! Pas trop de tous cela, pas non plus trop de cargos. C'est champêtre avec de belles villas cachées dans les bois, et sur ses 90 kms, suffisament large pour que deux cargos se croisent sans
déranger les petits bateaux qui sagement et prudement font route plus près des berges.
Nous faisons escale avant la nuit car il est interdit de continuer. Nous mouillons dans un petit lac adjacent. Nous ne sommes pas
trop pressés le lendemain car nous voulons sortir de l'Elbe avec la marée descendante. Aussi faisons nous arrêt à Rensburg petit village sur un embranchement pas plus d'une heure, juste pour
satisfaire le goût de Magnus pour les bonnes bières allemandes au super marché. Nous arrivons á Brunsbüttel, à la sortie du canal au soir et les portes s'ouvrent devant nous alors que nous sommes
les seuls à franchir l'écluse. Les grandes portes s'ouvrent sur un inconnu un peu angoissant. Un ciel bas et gris de mer du nord à la Jacques Brel nous accueil. L'Elbe est large en son estuaire
et très fréquentée par les cargos passant le canal ou se rendant à hamburg. La marée encore descendante nous propulse á 9-10 noeuds. Les 20 miles de l'estuaire sont rapidement franchis avec
Magnus à la barre se regalant de voir son bateau filer à plus de 9 noeuds ! C'est pour lui une toute première car il n'a navigué jusqu'alors qu'en Baltique et ne connait pas les phénomènes de
marée.
Par Manannan
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Voici 3 semaines que nous
dominons le parking, aussi incongru qu'un éléphant dans un aquarium... Les camping cars des vacanciers allemands Danois et Suédois se garent à proximté du nôtre (qui nous sert de débarras). Ils
passent la nuit avant de repartir, souvent, très souvent nous ignorant délibérement comme si nous étions des pestiférés.. ces "yachts" routiers n'ont rien de commun avec Röde orm, ils n'ont
décidément rien qui inspire un qoique ce soit d'aventure. Il n'y a pas de badauds ici, pas de conversations impromptues autour du bateau, pas de curieux. Il est extrêmement rare que quelqu'un
s'arrête et se pique de curiosité. Le week end, le parking se rempli de visiteurs et de plaisanciers qui ont leur bateau au club. Les voitures roulent au pied du bateau, les gens se promènent au
raz de la remorque qui le supporte, sans qu'ils lèvent les yeux, sans adresser un sourire. C'est un comportement contraire aux règles Gauloises..
Chez nous, il y aurait un petit attroupement qui rendrait difficile la contentration au travail, des avis donnés sans être sollicités,
de l'aide proposée aussi, des pots offerts pour trinquer au moral de l'équipage et des encouragements. Cette ambiance bon enfant me manque un peu. Ici il faut forcer les portes.. Le Suédois se
retranche derrière une bienséante neutralité qui ne l'expose pas. Il y a heureusement des exception qui font endurer cet inconvénient majeur de la mentalité suédoise. Nos amis Jonaz et Anne
sophie sont d'une aide remarquable et d'un optimisme à toute épreuve.
Il faut ajouter que Höllviken, le village
adjacent sent un peu trop le "m'as tu vu" des nouveaux riches qui ont leur villas au bord de la Baltique. C'est un endroit chic et cher... Nous avons sûrement des airs de va nu pieds avec notre
vieux bateau démodé...
Désolé pour les abonnés à mon blog, j'ai eu des petits problèmes pour publier cet article...
Par Manannan
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